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Avertissement, ce que les auteurs mettent avant leurs œuvres, mais les avoir déjà écrits, pour conserver le registre historique du texte bien qu’ils indiquent leur écart de la signification qu’ils avaient fait.

Ce texte est une tentative d'écrire un essai sur un phénomène qui a beaucoup d’importance de toute l’histoire d’écriture, mais on doit cependant accepter que cet avertissement est placé avant l’écrit terminé, bien qu’il soit écrit après le texte ci-dessus.

Bien sûr, l’avertissement demande que le lecteur fasse attention, que le lecteur reçoive des informations très importantes avant de commencer sa lecture. L’écriture, comme média, suppose alors une fixation permanente des faits sauf que l’auteur émerge de nouveau à côté de son texte, pour transformer sa signification précédente avec peu de nouvelles lignes. Dans notre cas, ce texte devrait contenir cinq cents pages, mais selon son auteur, ceci n’étant pas le cas, l’avertissement est donc nécessaire pour en avertir le lecteur. Mais, l’auteur considère l’avertissement suffisant même s’il est très court, voire plus court, par définition, qu’une préface.

Un philosophe du XVIIe siècle, Denis Diderot a utilisé des avertissements pour plusieurs de ses écrits quand il suggérait une autre voix pour masquer sa critique de l’Église catholique, ou de l’abstraction mathématique ou newtonienne. Par exemple, il avait inclus un avertissement à son livre Pensées sur l’interprétation de la nature (1754) dans lequel il avait recommandé à ses jeunes lecteurs le chemin plus efficace pour les études physiques, mais avec l’intention clandestine d’éduquer ces enfants comme non-newtoniennes.

Diderot insérait aussi « les critiques expéditives » même si elles n’étaient pas des avertissements à ses textes principaux, dans ses articles biographiques sur les philosophes dans l’Encyclopédie, pour critiquer les pensées de ces philosophes. Comme des philosophes célébrés, ils valent leur inclusion avec tout savoir dans tel dictionnaire, mais ils n’avaient pas une bonne philosophie qui aura été en accord avec le matérialisme radical de Diderot. Par exemple, dans l’article Leibnitzianisme, les paroles de Leibniz sont une cible pour le ridicule de la critique expéditive, parce que ces paroles apparaissent pour Diderot à la fois très cartésiennes et incapables de surmonter la mauvaise notion des deux substances ontologiques. De ce cas, les critiques expéditives comme avertissements n’empêchent pas une fixation relative pour les paroles de Leibniz, mais les paroles de Diderot sont là, en même temps à leurs côtés, sans démarcation d’un nouveau paragraphe.

Après la mort de Diderot, on a rendu au philosophe « la monnaie de sa pièce » quand un avertissement qui est confus pour les chercheurs du XXe siècle a été ajouté à son œuvre Élements de physiologie. Ils ont discuté la manière dans laquelle cet avertissement était mis au début d’Éléments, soit par Melchior Grimm, soit par quelqu’un au fonds Vandeul, héritage de la fille de Diderot. Cet avertissement semble contredire les intentions de Diderot en diminuant les conclusions athées à la fin du texte. Cependant, même si on essaye d’orchestrer sa postérité comme l’orchestrait Diderot, tous les auteurs savent que leurs écrits, une fois connus publiquement, sont susceptibles d’une « réécriture », par un grand geste de l’avertissement, quelle que soit la longueur de cette addition textuelle.

D’une certaine manière, il y a d’autres moyens pour regarder toute l’écriture comme une série d’avertissements tels que toute l’écriture est un commentaire sur toute l’écriture. La différence entre l’avertissement propre et l’écriture en général est une différence de magnitude de démarcation. De l’avertissement à la critique expéditive ou la rédaction, sa relation transitive est d’un texte en haut de la page à un texte inséré à un texte effacé, cependant recréé. De là, nous sommes revenues aux origines de l’écriture ; son effacement est avant d’insertion et avant sa mise en page. La cire, la pierre prévoient ces formations plus formelles dans l’écriture même si elles avaient jadis suggéré une rédaction : les écrivains ne rééditent plus leurs textes aujourd’hui, ils ne font des liaisons que dans le monde de l’hypertexte pour les effacer et les recréer. L’hypertexte est donc un ensemble d’avertissements qui sert de commentaire avec une marque intérieure du texte, le renvoi. Mais pour ce cas, à cause de l’inversion effectuée par des renvois, l’avertissement est plus grand que le texte. Quand il est lu, il devient maintenant le texte primaire, qui donc efface l’autre.

L’espoir de Sir Francis Bacon pour une réécriture est donc revenu à notre âge de l’informatique. Il a dit : Quod si quis aetate matura, et sensibus integris, et mente repurgata, se ad experientiam et ad particularia de integro applicet, de eo melius sperandum est (« Mais quelconque phase avancée, du sentiment renouvelle, et de l’esprit encore frais, qui est réappliqué à l’expérience et aux détails, de là, il y a d’espoir »). Cet espoir est revenu comme un espoir discret plutôt qu’une entropie dans laquelle la mémoire est bien effacée par un burin analogue. Cet effacement discret signifie donc une perte : la transformation que l’effacement digital suggère a diminué l’articulation classique de l’humanisme. Nos tentatives d’articulation ont perdu leur jeu, parce que cette gravure avec beaucoup d’information aux lignes du texte n’est plus rééditée par un point (du burin), mais est changée pour une autre gravure, une autre page.

Peut-être il y a encore un espoir, cependant, quand cette page, avant qu’elle soit fournie avec une autre page dans son replacement total, les touches du clavier de l’auteur se mettent au point un dimensionnel, à peu près vingt-six burins électroniques de l’alphabet latin. Alors que ce niveau d’articulation est encore caché par la technologie sur cette page, il y a un espoir qu’une articulation soit transférée durant chaque tour de page par le pointillisme précédent, transférée à un lecteur qui connaît donc ce texte comme si le lecteur est l’auteur soi-même.

(B) - 27 decembre 2013.