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Intellectuel, quelqu’un qui travaille avec des idées et qui travaille non seulement pour consumer ces idées, mais pour lutter contre les idées reçues.

Malgré l’association de Diderot avec du théâtre comme écrivain d’œuvres littéraires par exemple, parce qu'il écrit Paradoxe sur le comédien presque à la fin de sa vie comme une variation de ses idées philosophiques, ce livre fonctionne pour déshabiller en créations artifices le tout de ses contributions jusque-là. Avec Paradoxe, c’est comme si Diderot est devenu un personnage de Pirandello, devant le quatrième mur, debout, et jetant son regard en renvois de sa production passée. Dans la démonstration de Raymond Laubreaux, de l’édition de Paradoxe Garnier-Flammarion (1967), la technè littéraire du livre de Diderot est extrêmement contemporaine. Elle pourrait bien démanteler une philosophie en servitude virginale et baconienne, des idées philosophiques propres, mais des idées qui sont imméritées en fin de compte — parce qu’elles sont « reçues ».

Aujourd’hui, il y a beaucoup d’institutions de l'intellectuel qui ne luttent pas toujours pour rendre compte de ce qu’elles en parlent. L’offense paraît modérée au coup d’œil, bien que pour travailler avec des idées, il faut refléter sur l’écriture qu'on a produite. Les intellectuels font souvent comme ça, mais, de temps en temps, ils ne peuvent pas voir peut-être leur position dans tous les champs divers de la production culturelle. D’où l’œuvre de l’intellectuel, est-ce qu’il doit faire un dommage sévère à ses publics et surtout à ses objets ? Qu’est-ce que le coût d’une écriture sans réflexion suffisant ? Un coût serait l’absence du jeu ; vos lecteurs peuvent paradoxalement mal comprendre la profondeur de vos idées si votre texte manque d’une poétique, c’est vrai. De plus, un texte non réflexif jaillit dans le champ général de production ainsi qu’une chose théâtrale qui est entrée trop tôt sur les planches. Demandiez-vous de l’histoire de l’article « Genève » édité par Jean d’Alembert et pour lequel une monographie complète se rétorque en amertume par Rousseau offrant donc une critique sociale de tous Français.

En combiner ce jeu du langage comme critique et aussi cette critique sociale, nous avons la critique des postmodernes d'intellectuels désintéressés principalement mis en plan sur les concernes ci-dessus. En ce qui concerne le jeu : la provision de Jacques Derrida pour une toile du langage non séquentielle et pliée, par exemple, n’est nullement faite dans un luxe qui enveloppe l’esprit de l’écrivain comme si le sien est un « langage pour le langage ». Les langages de Derrida sont des immersions dans une méthode de lecture du doit. Ils sont des inculcations d’une philosophie pour les penseurs contemporains après Le logos et après La présence. Cette directive, loin d’un omniscient écrivain, est fondée cependant sur la tradition juive, pour que ce qui est concret et qui est épiphénomène soit tout entrainé en caractères français partant d’un alphabet hébraïque du doit.

En ce qui concerne la critique sociale : Pierre Bourdieu a transformé le jeu des postmodernes en réflexion de deux parties — sans doute par l’appareil linguistique de l’écrivain, mais aussi par l’appareil étendu de la sociologie. La critique de Bourdieu est, d’un point de vue, un avertissement que les actions de l’intellectuel ne sont pas immunisées contre la critique d’autres intellectuels ou de l’intellectuel soi-même. Comme intellectuels, nous devons séparer le langage de domination du langage pour démêler ; nous devons faire que tous langages contemporains naissent de la page jadis écrite dans l’alphabet d’un oppresseur entrainé et effacé, et comme un langage démontrant une sensibilité sociale. De plus, parce que la domination sortit souvent d’une vue parvenue, d’une vue que l’intellectuel consacre plein d’un pouvoir esthétique, les intellectuels doivent prêter attention à leur esthétique, à ce qui les aide en construire leurs idées. Pour cette raison, c’est comme si l’intellectuel écrit d’abord en ectasie du mystique, avec toute multiplication des ornements esthétiques. En suite, l’intellectuel vérifie ces ornements, pour en soustraire toute la domination.

Car il est un privilège non apparent pour ceux qui savent offrir des idées. Il n’est pas de privilège — en revanche — pour exclure ceux sans la lumière de la pensée philosophique. Il est plutôt une responsabilité pour inclure tout le monde en entretien, pour aider d’autres, et aussi d’accepter qu’ils puissent nous aider. Une responsabilité de l’intellectuel est alors à distribuer la pensée qui — malheureusement — reste surtout cachée. L’intellectuel n’a aucun pouvoir extraordinaire, seulement une habitude des réponses attentives. Je regrette si ses conséquences nécessitent qu’on doive étudier un langage étranger, et je regrette si ses conséquences nécessitent qu’on soit physicien et artiste. Et je regrette si on ne puisse pas faire des plumitifs dans la manière d’un pirate informatique qui peut obtenir ce qu’il veut tout comme terroriste culturelle. Il nous plaît, cette idée qu’il y a un chemin petit au savoir, mais la méconnaissance d'idées subtiles s’agrandit en idéologies politiques actuelles dénuées du sens, alors que cette méconnaissance peut provisionner beaucoup de distinction sociale.

De plus en plus, ceux qui atteignent une vue attentive vis-à-vis de la pratique intellectuelle sont susceptibles à un danger sévère. Ce chemin vers telle vue attentive est incommensurable avec la vie quotidienne aujourd’hui. Ce n’est pas d’importance les choses et les pratiques qui replacent celles de l’intellectuel, si elles peuvent fournir un supplément suffisant. Elles ne peuvent pas fournir de supplément suffisant — pas encore. Même s’il y a un supplément, une grande perte il y a. Le savoir intellectuel, bien entendu, réside dans les marges. Soit des droits de l’humain pour les intellectuels sont tout à coup disparus cependant, sans supplément suffisant, les droits pour tous les humains seront aussi bientôt disparus.

(B) - 18 mai 2014.