Non-Wikipedia

Jargon et jobelin. Une référence aux poèmes en langage artificiel et codé que, jusqu’aux années 1970 et un moment de plus grande analyse critique, des savants présumaient sont venues de la main de l’auteur du XV siècle, François Villon. Malgré une détermination réelle de l’auteur, ces écrits sont en revanche un témoignage de comment la langue privée, prétendue des fous, peut avoir du sens, surtout comme une déclaration poétique et politique.

Dans son livre, The Graphic Unconscious in early modern French writing, Tom Conley démontre que l’écriture naissante de l’ère Gutenberg et de Villon était encore fusionnée avec d’images visuelles, les incorporant comme si elles sont d’éléments verbaux dans l’opération cognitive du lecteur. Sortir du manuscrit illuminé, les œuvres telles que l’autoportrait de Oronce Finé (1532) effectuaient la transformation des images en vocabulaire de figures qui signalent que le bariolage du monogramme décoratif d’une page peut avoir maintenant un contenu qui est situé comme la pensée humaine, comme les idées. La presse de Gutenberg omettait théoriquement tout remplage en ses livres, mais dans une manière curieuse, tout remplage est devenu un revenant de caractères qui formeront sur la page comme pensées de l’auteur. Alors, Conley superpose des dessins réels sur plusieurs d’écrits de son analyse pour nous retourner à ce revenant/âme d’une écriture naissante maintenant cachée à l’œil, sauf que vis-à-vis d’un alphabet qui le fourre directement dans l’esprit humain. Du moment des écrits de Rabelais, voire Montaigne, le langage verbal a façonné un vocabulaire entier et un ensemble des conventions poétiques pour que le passé visuel d’écriture devienne la mère ou le père d’un médium bâtard qui a oublié sa filiation. La vie mentale du lecteur moderne, étant donc illégitime, Conley demande qu’on regard ce qui est lisible être déplacé des choses du monde qui ne forment plus d’images propres sur la page, seulement forment des caractères alphabétiques qui tracent les pensées.

L’attribut fusionnant de l’image et le texte paraît dans les œuvres de Villon, où ses vers acrostiches commencent chaque ligne aux lettres du nom VILLON, par exemple, dans la Ballade Pour Prier Notre Dame. Pleine d’ironie, Villon a écrit ce poème dans le personnage de sa mère, une illettrée qui prie la vierge avec toute la capacité philosophique de Villon et aussi son scepticisme religieuse. De plus, Villon fait que sa mère ne prie Jesus sauf que par la vierge, qui rend les règles économiques du genre toutes présentes en même temps qu’il trouve donc un chemin pour les contester. Le personnage de la mère de Villon connaît l’image du ciel et de l’enfer, les deux, et aimait bien l’image du ciel plutôt que l’image de l’enfer, tout ironiquement. Ce poème offrit une critique des dieux abstraits de la religion institutionnelle, une mère de Dieu qui tient un dominion sur les palus infernaux qui enferment tous ses sujets. La dernière strophe, en commençant ses vers avec le nom de famille, pétitionne Marie pour que les membres de la famille Villon soient inscrites dans les registres saints du ciel :

V ous portastes, digne Vierge, princesse,
J hesus regnant qui n’a ne fin ne çesse.
L e Tout Puissant, prenant nostre foiblesse,
L aissa les cieulx et nous vint secourir,
O ffrit a mort sa tresclere jeunesse ;
N ostre Seigneur tel est, tel le confesse.
E n ceste foy je veul vivre et mourir.

En ironie, François Villon était connu pour son manque de piété. Avant tuée à coup de poignard et avant volée une plus grand somme d’argent durant sa vie, il pétition Dieu pour pardon, mais aussi pour une vue alternative de rédemption dans laquelle les noms de tous êtres vivants soient inscrits dans les registres de Dieu et du ciel.

En effet, cette combinaison d’image et de texte est symptomatique d’une plus grande jouée de langage dans lequel les règles d’écriture pourraient être brisées pour former un bon sens sémantique. Avec l’acrostiche, il y a deux niveaux du sens ou signification qui tour à tour se combinent encore. La dernière strophe peut être lue purement par les sens des mots, « vous, Jhesus, Le Tout, laissa, offrit, et nostre » en addition que ces mots peuvent être lus verticalement comme remplage ou bariolage qui transforme de caractères en honneur familial. En coup d’œil, on lit « VILLON » comme s’il est un écriteau sur la personne qui est l’auteur lui-même ou comme si on a un commerce avec ce poème de Villon, entrant dans sa maison ou faisant livraison personnelle de son courrier. En même temps, le poème est une critique du pouvoir religieux aussi bien qu’elle est un don à sa mère, mais aussi, en combinaison sémantique, le don de Villon à sa mère fonction comme cette critique, et son nom de famille fonction comme critique aussi. L’économie du langage de Villon était près aux dieux dont notre société interdît l’interaction directe, et qu’en Ovid, les mortelles s’habillent tout ensemble avec les dieux et ils indiquent à nous la définition d’un dieu qu’elle soit un tache, impression, ou souvenir d’un humain historique reconsidéré plus tard dans une piété. C’est possible parce que l’écriture de Villon ne distingue pas piété/impiété, humain/dieu, dieux mâles/dieux femelles — voire objets/images/textes.

Dans cette manière, les règles, étant brisées, peuvent former un code surtout transposé sur et retournant dans ce langage écarté. C’est le cas, donc, dans les poèmes attribués à Villon jusqu’aux années 1970, mais que les savants tels que David Georgi entre d’autres ne croient plus qu’il a en écrit. Ils sont du moins des poèmes villonesques aujourd’hui. On examine, par exemple, Ballade IV, de l’édition Le Jargon de Jules de Marthold (1895), pour laquelle une traduction en Française non sibylline était achevée par Auguste Vitu au XIX siècle et que Marthold y présente. La première strophe en langue de jargon/jobelin :

Sauspicquez frouans des gours arques
Pour desbouser beaussires dieux,
Allez ailleurs planter vos marques.
Benards, vous estes rouges gueux.
Bérart s’en va chez les joncheux
Et babigne qu’il a plongis.
Mes frères, soiez embrayeux
Et gardez des coffres massis.

Ce langage est Villonesque et un patois de Française, une langue de privation ou un langage privé. Les sons marchent en flux, où « Sauspicquez frouans des gours arques » est Sospicusefruondegorarq et « Bérart s’en va chez les joncheux » est Berartsonvashezlayjohncues, comme si c’est un BABEL : « Et babigne qu’il a plongis », Ehbabignecilaplongee. Marthold a dit : « Le jargon, comme le patois n’est qu’une suite de croisements, quelque chose comme l’incestueux produit d’une carpe et d’un lapin. » (Le Jargon, 59). Et encore, ces sons sont éventuellement de renvois aux lexèmes réels, surtout par la main de Vitu et Marthold :

Amis subtils forçant gras coffres
Pour déloger écus nombreux,
Allez ailleurs porter vos offres.
Berneurs, êtes roués fameux.
Mouchard s’en va parmi les gueux
Et raconte aussi qu’il est pris.
Mes frères, soyez ombrageux,
Gardez-vous des cachots massis.

En contraste, « Amis subtils forçant gras coffres », la traduction du patois, n’est pas du même degré, Amisootilsforcangracough, ni « Mouchard s’en va parmi les gueux », Moushardsonvaparmilesgooz. En fait, bien que le jargon ne peut pas former des lexèmes distincts, son décodage est un langage transformé d’un BABEL en signaux. On trace « Sauspicquez frouans » avec « Amis subtils, “rouges gueux” avec “roués fameux” et “desbouser beaussires dieux” avec “déloger écus nombreux”. On compare “Benards, vous estes rouges gueux” à “Berneurs, êtes roués fameux… parmi les gueux” selon la notion que les riches sont d’espions parmi les pauvres ou qu’ils sont en dehors du règne des pauvres : quand mis à côté de pauvres, ils ne sont pas pauvres, ils sont des exceptions ou des rouges de pauvres — les malades, les péchés, les colères en distinction aux pauvres honnêtes.

Et parce que le fait que, même si en chiffre verbal, il y a une correspondance entre le patois et son déchiffrement en cours du travail avec cette poésie Villonesque, elle a du sens. Voici, Ballade X de l’édition de Marthold :

Brouez, benards, eschequez à la saulve,
Car escornez bous estes à la roue.
Fourbe, joncheur, chacun de bous se saulve,
Eschec, eschec, coquilee ne s’enbroue !
Cornette court nul planteur ne se joue.
Qui est en plant en ce coffre joyeulx,
Pour ces raisons, il a, ains qu’il s’escroue,
Jour verdoiant, havre du marieux.

Maint coquillart, escorné de sa sauvre,
Et desbousé de son ence ou sa poue,
Beau de bourdes, blandy de langue fauve,
Quidant au ront faire aux gremes la moue,
Pourquarre bien, affin qu’on ne le noe.
Couplez vous trois à ces beaulx sires dieux,
Ou vous aurez ou le ruffle en la joue,
Jour verdoiant, havre du marieux.

Que stat plain en gaudie ne se mauve.
Luez au becq que l’on ne vous encloue.
C’est mon advis, tout autre conseil suve,
Car quoy ! aulcun de la faulx ne se loue.
La fin en est telle qu’elle deloue.
Car qui est grup, il a, mais s’est au mieulx,
Par la vergne, tout au long de la broue,
Jour verdoiant, havre du marieux.

Envoi

V ive David, saint archquant la baboue,
I ehan mon amy, — qui les feuilles desnoue.
L e vendengeur, beffleur comme un choue,
LO ing de son plain, de ses flos curieulx,
N oue beaucoup, dont il reçoit fressoue,
I our verdoiant, havre du marieux.

Les sons :

Brouezbenardeschequezalasaulv Carescornebousetalaroue Fourbjoncheurchacundebusaysaulv Escheceschecoquileenesenbroue Cornettecourtnulplanternesejou Quietenplantencecoffrejoyeul Pourcesraysonsilayainsquilsescroue Jourverdoianthavredumarieu

Maincoquillartescornaydesasauv Etdesbousaydesonenceousapou Beaudebourdeblandydelanguefauv Quidantauronfaireaugreemlamou Pourquarrbienaffinquonnelenoe Couplevoutroisahcesbeauzirezdieuz Ouvousaurezoulerufflenlajou Jourverdoianthavredumarieu

Questaplainengaudynesemauv Luezaubequelonnevousenclou Cetmonadvistoutautreconseilsuv Carquoyaulcundelafaulxneseloue Lafinenetellequelledelou Carqeeetgrupilamaissetaumieul Parlavergnetoutaulongdelabroue Jourverdoianthavredumarieu

Vivedavidsaintarchantlababou Iehanmonamyquilesfelsdesnoue Levendengeurbefflurcumunchou Loindesonplaindesesfloscurieulx Nouebeaucoupdontilrecotfressoue Jourverdoianthavredumarieu

La traduction de Vitu /Marthold, sortant de ce patois :

Fuyez, benets, gagnez la forêt chauve,
Car écornes vous êtes par la roue.
Fourbe, trompeur, chacun de vous se suave.
Echec, échec, votre barque n’échoue !
Au chef du guet nul voleur ne se joue.
Quiconque est mis en ce cachot joyeux,
Pour ces raisons a, dès lors qu’on l’écroue,
Jour verdissant, hâvre, gibet hideux.

Maint propre à rien appauvri de sa sève,
Privé d’oreille ou le bras sans sa proue,
Beau d’astuce, brûlé de langue fauve,
Craignant en rond faire au gibet la moue,
Répond à tout afin qu’on ne l’y noue.
Volez à trois beaux écus précieux,
Ou vous aurez la rafale en la joue,
Jour verdissant, hâvre, gibet hideux.

Qui vit son plein, gai reste en son alcôve.
Veillez de près, qu’aux fers on ne vous cloue.
C’est mon avis, toute autre raison sauve,
Car las ! aucun de la faux ne se loue.
La fin suffit pour qu’on la désavoue.
Quiconque est pris a, mettant tout au mieux,
Par le charnier où le temps vous ébroue,
Jour verdissant, hâvre, gibet hideux

Envoi

V ive David, saint danseur, fait la moue,
I ean mon ami — qui les bourses s’alloue.
L' escroc, trompeur comme chouette qui floue,
LO in de la plaine et des gens curieux,
N age au plein air et reçoit vent qui froue,
I our verdissant, hâvre, gibet hideux.

Ces poèmes sont villonesques malgré que Villon ne soit pas peut-être l’auteur, parce qu’il était condamné et avait écrit des vers comme résultat de cette peine contre lui. Le nom de famille, Villon apparait encore à la fin du poème, mais plutôt qu’attacher un honneur familial au prospect d’hériter le règne de Dieu, le nom de Villon s’attache à une condamnation par pendaison ou emprisonnement. En addition, il y a un moment d’attente pour le jugement de cette condamnation : “Quiconque est mis en ce cachot joyeux” et “Quiconque est pris a, mettant tout au mieux”. Sera-t-il pendu ? Emprisonné ? Ou, peut-être, il échappera, sortir de port (hâvre) en route des champs de verdure et une nouvelle vie, vie verdissante. C’est fait aussi que sa condamnation étant enlevée de Villon, il a disparu, toujours jamais trouvé. L’attente du personnage de Villon est mise en réflexion pour le lecteur par la traduction de Auguste Vitu, qui a construit des vers tout avec de terminaisons “ouer”, des mots souvent en participe cependant sans accent aigu du participe passé. Ils ont de sens divers, de louer (en anglais, praise) au clouer (en anglais, chain to).

Une fois que nous comprenons le sens ici du Jargon et Jobelin, quelle autre chose pouvons-nous faire avec ses significations ? Pour cette tâche, après notre interprétation avec l’aide de Vitu, on doit retourner au patois précédant à sa traduction avec le savoir dont elle provisionne. Brouez, benards, eschequez à la saulve… Eschec, eschec, coquilee ne s’enbroue ! / Fuyez, benets, gagnez la forêt chauve… Echec, échec, votre barque n’échoue ! D’un côté, des fous font des paris comme si par jeu de hasard et d’autre côté ils font des paris vis-à-vis d’une imagination du champ ouvert et une évasion sortant d’une forêt d’emprisonnement métaphorique. Maint coquillart, escorné de sa sauvre… Quidant au ront faire aux gremes la moue / Maint propre à rien appauvri de sa sève… Craignant en rond faire au gibet la moue. Premièrement, c’est comme si tous sont emprisonnés sans soulager et deuxièmement c’est comme si tous sont sans soulager, de jus réel de guérir. Vive David, saint archquant la baboue… Noue beaucoup, dont il reçoit fressoue / Vive David, saint danseur, fait la moue… Nage au plein air et reçoit vent qui froue. D’un côté, David ici est caractérisé par une figure particulière de danse et d’un autre, seulement comme danseur. Pour sa grimace, le mot est baboue et d’un autre côté, moue. Pour finir avec le refrain, Jour verdoiant, havre du marieux / Jour verdissant, hâvre, gibet hideux, d’un côté c’est un borreau, celui qui exécute les peines ou les exécutions capitales, et d’autre, une colonne de pendaison.

En effet, pouvons-nous faire rédemption de ce langage en code, ce langage privé, puisque, après tout, nos langages naturels propres sont irrévocablement en codage ? Il y a toujours d’itérations de signes qui sont, à quelques-uns, non traduisible ; ils sont des signes qui marchent seulement pour l’autrui. Et en même temps, le langage encodé, comme source d’irritation nécessite un bon gré anthropologique. Faisant une archéologie de signes, pour ne pas briser l’artéfact indigne, une force en contre ne doit pas être faite, on qui fait une violence. Les artéfacts linguistiques, les patois ne doivent pas être brisés, et même en bon gré anthropologique, toute observation, toute interaction avec cultures font une violence. Et encore, le langage fuit et fait du flux dynamiquement ; nous en enregistrons enfin. Malgré la violence de son enregistrement, puis nous y conservons. Le langage reste comme décoratif, mais utile, et même si le langage demande son commerce avec la pensée humaine pour son opération propre, le langage peut être opérationnel en écartant à un seuil auquel il soit peut-être lisible, peut-être compréhensible. Les codes sibyllins, ils aussi, ils fonctionnent dans la société, dans laquelle le langage vive sur ses appropriations de codes sémantiques. À cause de la réalisation de ces attributs de tout langage, un langage qui développe dynamiquement en codes, on doit faire geste au sibyllin, l’ambiguë, l’absurdité, parce que l’indication d’une culture humaine “ouverte” est son entretien prolongé en non-sens, alors qu’un non-sens non violent. Si notre réaction à ce que nous ne comprenons pas est une colère, toutes productions par langage, toute vie productive devient un système clos. Les langues privées, toutes paradoxalement, nous invitons de créer nouveaux lexèmes du pli opérationnel de la culture, et même si nous décidons chercher la clarté en décodage, nous sommes jetées dans une mise en abîme de codes pour lequel la réponse ne peut pas être la colère ou la violence.

(B) - 16 Janvier 2016.