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Jeunesse. Une condition de tous les humains qui est, au fond, une croissance avec la promesse de s'émerveiller, et sur une trajectoire de l’audace, mais qui est souvent un déroulement d’inexpérience ou de naïveté soumis à la violence des contraintes sociales et culturelles.

À cause de cette problématique, la jeunesse est ou l’objet d’affection et de nostalgie ou elle est le cancer des empires sociaux qui nous piègent pour l’éternité dans une mauvaise agentivité. Par exemple, Bouvard et Pecuchet, dans le roman inachevé du même titre de Flaubert, sont des corps organisés/organisant, qui s'émerveillent tels des enfants, pendant une expérience encyclopédique dans laquelle la philosophie combat les idées reçues. Mais ces personnages sont, par contraste, des pions de l’ironie. Leur connaissance des sciences est assez bonne pour construire une soupe chimique. Ils sont courageux parce qu’ils sont passés des livres scientifiques de la théorie à la pratique de la chimie, mais comme cette soupe explose, c’est Flaubert qui a l’agentivité pour dire que l’action reçue est une réaction naïve. Par contre, Bouvard et Pecuchet, eux, sont tombés dans le piège avant qu’ils reviennent à leur industrie à la fin du roman de Flaubert. C’est mieux mourir dans l’obscurité immergée dans les détails des textes que dans la transcendance prétendue d’un soi agrandi.

Don Quichotte aussi, avant qu’il achève ses révélations à la fin du roman de Cervantes, est immergé dans les textes, mais ces textes sont des romans de chevalier. Leur objet, en rapport à l’ironie de l’image du moulin de Leibniz, est un assemblage des philosophies spéculatives, des moulins du mal qui doivent accepter, selon leur auteur, le javelot de Don Quichotte. Bien que Don Quichotte soit souvent un personnage au carrefour, et qu’il soit une voix moderne contre l’histoire imaginée et réifiée du féodalisme, il apporte la critique de la naïveté intellectuelle dans son habitus, mais cette critique découle d’un personnage très inconscient de ce fait. En même temps qu’une critique est formée contre l’idéologie des romans de chevalier, il y a une grande critique d’une jeunesse généralisée qui vient du feu intérieur de Don Quichotte comme image indélébile de sa grande distance d’une sensibilité moderne — surtout des femmes vis-à-vis de son objet consacré, la dame Dulcinée.

De plus, le philosophe et écrivain contemporain Friedrich Kittler a démontré que même depuis Cervantes, Goethe écrivait comme si les femmes non réifiées et dans l’image de Dulcinée aimaient bien lire ses œuvres. Mais, en fait, les romans de Goethe sont des entorses pour les femmes du dix-neuvième siècle, ce que Kittler a démontré dans son Discourse Networks. La femme de la fin de siècle, bien qu’elle ait peut-être un commerce avec les écrits de Goethe, a changé la place de sa production quand elle est devenue l’assistante de l’homme capitaliste au bureau. Tout à coup, la femme de ce siècle tape des lettres pour son supérieur sur la nouvelle technologie, la machine à écrire, et la collective des femmes commencent à s’écarter de sa jeunesse collective même si la plupart des femmes particulières se la sont déjà écartée il y a longtemps. Des femmes particulières, par contraste aux hommes particuliers, sont d’une certaine manière toujours sorties de leurs jeunesses et elles proposent que les hommes ont besoin d’en être sortis aussi.

À quel moment les hommes ont-ils rendu tel éclairage dans leurs textes, leur discours, leur habitus, leurs ontologies incorporées ? Peu souvent, mais quand ils passent au-delà d’une naïveté du sexe, de l’autre et de l’amour, ils voient ce qu’ils n’ont pas vu comme esprit ou comme avocat pour une transcendance moniste fondée sur l’esprit cartésien seul. Ils voient que pratiquer la philosophie peut être une activité faite malgré le corps humain. Bacon a dit : « nam causarum finalium inquisitio sterilis est, et tanquam virgo Deo consecrata, nihil parit » (« alors, chercher des causes finales est stérile, tout comme vierge dédiée à Dieu qui ne donne naissance à rien »). C’est seulement depuis le milieu du dix-huitième siècle, quand Denis Diderot a formé cette notion de Bacon dans une définition robuste de la sensibilité, que des hommes sont entrés dans une croissance d’audace qui a contribué à moins de violence symbolique contre les femmes. Pour indiquer la magnitude de ce changement, souvenez-vous que Goethe est venu après Diderot — il est donc plus jeune.

Dans une absence des qualités attribuées aux choses de la culture propre, et habituellement, dans un état de La Nature, l’émergence d’une non-naïveté du sexe est aussi probable que le développement des caractéristiques sexuelles secondaires dans la puberté. La certitude de ce changement du point de vue est bien démontrée par les entretiens sortis de la guerre culturelle sur la construction culturelle du sexe et du genre entre les sciences et les arts à la fin du vingtième siècle. Le cas (principalement de la sociobiologie) concerne des aborigènes qui prennent le sexe opposé, à la puberté. Ces hommes / garçons aborigènes étaient jadis socialisés comme filles, mais le développement des caractères sexuels secondaires ne les a pris pas par surprise. Cependant, dans cette culture prétendue primitive, loin des sociétés de l’Ouest, une transformation du sexe à la puberté peut arriver sans encombrement. Semblables aux femmes aborigènes dans Voyage de Bougainville de Diderot, ces aborigènes ont frayé ici un chemin pour un critique du danger de la naïveté du sexe et de la sexualité. Ces sortes de transformations offrent beaucoup de possibilités malgré le fait d’intervention biologique ou d’évolution dans les corps physiques que Freud, Jung, et d’autres ont démontré au début du vingtième siècle.

Alors, si on veut effectuer le changement du psychisme humain qui accompagne le changement physique du sexe, ou si on veut effectuer la transformation des garçons en « hommes » ou des filles en « femmes », alors qu’aucun changement physique n’est possible ou s’il s’est déjà passé, vous doives changer votre habitus, vos manières de la penser, votre incorporation. Et cette notion donne la raison pour la transformation de la psychanalyse en connexion du sexe et de la sexualité. Les enfants ont la possibilité de faire un très robuste discours civique si leurs parents les exposent positivement à la sexualité. Avec l’achèvement de la puberté, le bon civique de l’enfant continue sans encombrement, et l’audace qui est trouvée à la puberté n’est que différente par degré plutôt que par genre. Les caractères sexuels secondaires chantent avec une sonorité et avec une ascension vers une vie courageuse fondée sur un grand émerveillement. De plus, sous cette abdication d’une virginité symbolique est l’abdication partout, des pères et des mères symboliques quand ils vous contraignent.

Avec l’abdication de Dieu même si vous êtes religieux, avec une abdication d’un Père du Ciel fantôme, une agentivité en résultera qui marche vers des expériences symboliques de la chimie où il y n’a pas d’explosion de la soupe. Si explosion il y a, l’humain qui est maintenant agrandi en émerveillement est un auteur conscient, pour qui l’agentivité est alignée, et ses productions discursives seront bien éclaircies. Les écrivains comme ça écriront, leurs paroles seront reçues, ils écriront plus, et en même temps, La Nature écrit comme si les humains dans l’émerveillement viendront sentir une sensibilité quand ils comprendront que La Nature les écrit en fait comme elle-même.

(B) - 2 Novembre 2013.