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Livre, substrat ou un ensemble de substrats sur lequel est mis l’écriture, pour la lire. En général, on connaît trois formations du livre, dont deux qu’on connaît depuis longtemps : le rouleau et le codex. Le troisième, le livre électronique, la révolution contemporaine de l’informatique rend possible.

Les rouleaux étaient regardés dans l’antiquité comme « les livres », puisqu’en hébreu ils sont désignés par un mot qui a les significations de « livre » et de « rouleau » les deux (ספר), bien que ces rouleaux sémitiques précèdent l’usage romain des rouleaux. Le rouleau sort de la bouche : c’est une langue (l’anglais : tongue) remplie avec des « langues », mais aussi cette langue (tongue) s’étend pour plusieurs mètres quand une histoire doit être très grande, pour enregistre tous les exploits de nos rois. On doit s’allonger à côté d’un grand rouleau, ou on doit posséder beaucoup d’espace pour lire, alors il faut rouler les portions non lues sur des bâtons, pour lire les autres. De plus, l’interaction humaine avec ces médias était doublement maladroite parce qu’il n’y avait aucune reproduction mécanique des rouleaux dans l’antiquité : une copie était le produit de la main humaine, avec toutes ses « erreurs ». On doit mentionner aussi que les scribes peuvent changer un texte selon leur volonté, malgré le fait que ces textes soient incorporés dans beaucoup de religions qui regardent les textes sacrés et donc immuables.

D’une certaine manière, les rouleaux sont séquentiels, ou plutôt, ils compliquent la lecture d’une façon non séquentielle parce qu’ils sont une seule « page ». En effet, ses scribes cousaient ensemble des morceaux textuels d’un auteur, avec une présomption d’un lecteur qui traversera ces manuscrits du début à la fin. Ils invitent les histoires, les récits, les narrations, parce que l’écriture de ces formations du média les a permis en premier. Alors les premiers écrivains humains les méconnaissent comme l’écriture divorcée de son média particulier. Les rouleaux portaient toute l’écriture depuis longtemps, malgré le fait que le codex date aussi de l’antiquité.

Le codex retient avec difficulté sa préhistoire, quand les romains utilisaient un nombre limité de pages, construites de planches cirées. La peinture, Donna con tavolette cerate e stilo (50 av. J.C.), conservée à Pompéi, par exemple, représente une femme qui nous regarde, une plume aux lèvres, un codex à la main, frappée par l’emploi de sa culture du codex pour se distinguer des utilisateurs sémitiques des rouleaux. En effet, le codex comme technologie d’écriture reste caché jusqu’au moyen âge, ou plus particulièrement jusqu’à l’époque de Gutenberg, quand à ce moment-là, les livres auraient été reproduits presque comme des copies exactes. À ce moment dans l’histoire d’écriture, les codex nous ont taquiné premièrement avec un sens du non séquentiel, puisqu’ils en gagnaient une popularité pour que leurs propriétés non séquentielles soient démêlées et introduites aux lecteurs.

D’un rongement de feuilles du codex sorties d’une imprimerie qui les a produite premièrement comme les rouleaux, les codex ont reçu des propriétés non séquentielles. Les éditeurs ont en effet cassé les rouleaux avec un cadre qui a limité l’acte de lire à un champ de vision, et dans cette réduction, la représentation de choses en dehors du texte est élargie. La révolution de l’imprimerie est donc rendue possible par une discontinuité nécessaire, alors que cette fracture a créé plus de connexions avec les choses dont elle parle. Notre monde est paradoxalement plus proche à cause de la reproduction mécanique, et une lecture du codex encode notre expérience du temps, nous avoir rendus lecteurs parturientes. Nous comprenons mieux l’illusion du temps séquentiel, et avec l’édition et la distribution de l’écriture, nous avançons plus rapidement bien que pas en ligne droite — nous intensifions, et la lecture devient paradoxalement plus fracturée avec notre compréhension (ou « entendement » dans la signification de Condillac).

Mais peut-être la fracture des textes revient l’esprit du lecteur en état d’immédiateté d’un Ur-média avant et aussi après la culture écrite — « l’après » maintenant aux nouveaux médias. Le développement de l’imprimerie suit une trajectoire qualitative, une variation sur comment on doit faire des choses avec la parole et le langage, et suit seulement un chemin particulier. En revanche, les nouveaux médias y font des choses différentes avec de la parole et du langage. Nous pleurons la mort de la culture écrite, mais nous nions que l’entropie qui nous approche est venue avant nous depuis longtemps. La naissance du livre électronique se passe dans ce milieu : ce genre de livre, bien qu’elle ne soit pas réalisée un mode très distinct du codex, elle met l’esprit humain en relation avec le temps du monde. Elle ne détruit pas de temps, mais elle détruit les horloges et déplace nos esprits en dehors de nos cerveaux dans une temporalité qui achève un contrat moniste du corps.

De plus, le chemin radical du livre est mieux suggéré par l’hypertexte, alors que notre conception du livre électronique doit s’étendre au www où il y a Un Livre et il y a plusieurs livres à la fois. Paradoxalement, un livre est tous les livres autour ; alors le sujet est tous les sujets autour, parce que le livre est seulement un lieu antérieur au livre prochain auquel il a été connecté.

On doit poser donc une question de ce que ce genre de lecture produira. Si la lecture mondiale devient entièrement non-séquentielle, alors, que les humains sont ? Les humains qui ont réalisé l’hypertexte sur cette grande échelle réaliseront un grand songe de la philosophie, une vraie « transclusion » de référence. Mais à la fois, la lecture comme une action de plaisir changera dans une action de plaisir dans les gestes plus grands. Le pouvoir du livre suivra de l’action du corps et l’esprit humain sera dans les pieds ainsi que les doigts ainsi que le cerveau. On doit regarder donc un avenir dans lequel, pendant qu’on lit, on décline le latin de Pline, on fait du calcul avec plaisir, et on conjugue des verbes faibles d’hébreu avec son genou en bonne formation.

(B) - 7 Octobre 2012.