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Passe-partout au Sillage de Finnegans est une œuvre de Joseph Campbell qui a sauvé de l’oubli l’œuvre de James Joyce ci-dessus, et qui s’incarne dans une méthode d’interprétation très particulière. Elle suit des notions linéaires de narration, malgré l’intention de Joyce de rendre ses constructions littéraires non séquentielles, voire même non narratives.

Bien sûr, il y a beaucoup d’érudition dans l’analyse de Campbell. C’est comme si Joyce écrivait directement à Campbell, si on considère le nombre de références utilisées par Campbell. Son analyse du mot joycien, « properispomenon » dans le chapitre « HCE - His Trial and Incarnation », montre un éclairage très habile des mots latins et grecs, surtout dans le jeu de mots de Campbell avec « menon », une partie de « properispomenon », avec « Menes », le premier pharaon. Avec « smenos » ou un essaim des insectes ajouté dans la narration de Sillage d’un « entychologist » où l’« ent » signifie « l’être » et aussi « l’insecte », Campbell établit un cas pour une lecture de Joyce selon le mythe des origines humaines. Cette lecture en effet, imagine l’humain évoluer premièrement comme insecte, ou insecte point sorti du tohu-bohu.

En revanche, cette interprétation du mythe humain est surtout liée à une méthodologie structuraliste, sans rapport au désir pour sculpter une narration de Sillage. Pour Campbell, les « polar energies that spin the universe » existent. Elles sont, en toute probabilité, les produits de l’âge de Campbell : vers le milieu du vingtième siècle, les structuralistes ont supposé même que les oppositions binaires étaient, en général, les grands symptômes de toute formation de la différenciation matérielle, ou, comme on dit « La (Grande) Structure ». L’ontologie et l’épistémologie sont ici noyées par une croyance des forces vitales. Par exemple, Campbell a dit :

« No matter where the traveler gazes, whatever landscape in whatever century, he perceives the shadows and hears the echoes of the life-mover primarily personified in HCE. The "always ventriloquent Agitator" is Joyce's way of suggesting that his hero is the life force everywhere and variously inflected. »

Maintenant, cette notion de la force vitale et généralisée ne paraît plus réellement vraie à tout le monde, et après soixante ans, Passe-partout est un ouvrage distinct, né de sa collision avec Sillage de Finnegans. C’est seulement une analyse, néanmoins une analyse de richesse et de bon métier. Passe-partout est compris dans les ouvrages classiques de Campbell, et bien sûr il a une certaine importance pour commencer les études érudites de Joyce dans les années quarante. En revanche, Passe-partout au Sillage de Finnegans n’est pas un passe-partout, mais une clé du décodage par l’esprit structuraliste d’un texte qu’il ne faudrait pas lire de cette même manière.

En fait, pour appliquer la perspicacité de Joyce à la conception d’un monde sans narration, ou tout au moins, sans expérience séquentielle de narration, nos clés ne doivent pas ouvrir la narration de Sillage. Elles doivent apporter le lecteur au livre de Joyce pour être un conscient hybride, avec peu de souvenir, et qui pourrait finir Sillage après ses six cent pages, seulement pour son jeu, pour cette phrase-ci, au moment actuel. De plus, choisir par le hasard (ou quasi-hasard) une page de Sillage démontre que, bien que toutes ses six cent pages plaisent, une seule page permet la compréhension immédiatement de toute autre page :

« though as I shall promptly prove his whole account of the Sennacherib as distinct from the Shalmanesir sanitational reforms and of the Mr Skekels and Dr Hydes problem in the same connection differs toto coelo from the fruit of my own investigations - though the reason I went to Jericho must remain for certain reasons a political secret...»

Celles qui sont les oppositions binaires selon Campbell, la pratique de l’hygiène publique en contraste de la haute chimie des savants fous de Jekyll et Hyde de Stevenson, par exemple, ou toto coelo en contraste d’un dieu qui prend forme humaine et produit du fruit matériel, peuvent être lues plutôt comme une série de jouissances ou de jeux, qui révèlent une ébauche politique d’une philosophie de l’éternel retour à cause de la particularité de contraste entre, ici, celle qui est une trajectoire de Stevenson et de L’Évangile. Joyce ne peint pas son histoire dans l’universel par ces oppositions, mais plutôt par un langage quelconque qui entre en collision avec ses propres mots et est commencer dans beaucoup de lecteurs qui produisent les interprétations en lisant comme l’écriture de Joyce de ces mêmes passages.

Alors on a besoin du Passe-partout de Campbell et d’une clé ou de clés pour l’interprétation des textes. Mais on n’a pas besoin d’un passe-partout pour l’interprétation des textes. Et aussi, en ce qui concerne le passe-partout qui nous donnera une narration qui ouvrira son texte, cette narration dans Joyce est plutôt un épiphénomène. Peut-être un passe-partout dérangera ses mots comme les entrailles de la page, mais la production de narration dans sa lecture prochaine bouclerait encore ses pages sur ces entrailles à la fois elle les laisserait intactes — assez pour un semblant de ce que le texte était jadis pour les lecteurs du monde.

(B) - 19 octobre 2012.